dimanche 19 novembre 2017

American Horror Story - Saison 7 : Cult (2017)


Saison 7 - 2017
11 épisodes

Allyson Mayfair-Richards (Sarah Paulson) mène une vie paisible dans un quartier résidentiel avec son épouse Ivy (Allison Pill) et leur fils Oz. Elle était parvenue à surpasser ses phobies avec l'aide de son psychothérapeute mais celles-ci refont surface alors que Donald Trump est élu Président des États-Unis.
De son côté, Kai Anderson (Evan Peters), crée une secte de personnes qui aspirent à changer le système politique américain. Ainsi, c'est par la peur qu'ils vont inciter les citoyens de la ville à voter pour Kai afin qu'il soit élu au conseil municipal.


 Tout au long de la diffusion de Cult, mon opinion sur cette saison n'a cessé de changer, alternant d'une extrême à l'autre mais si l'on fait le bilan, c'est une grande satisfaction que d'avoir eu droit à pareille histoire, sans commune mesure avec la précédente qui avait pour moi été une effroyable déception.

Dans AHS Cult, on parle de peur. Comment elle nous gâche la vie, altère notre jugement, nous pousse à commettre le pire et détruit ce que l'on a de plus beau. Notre héroïne, Allyson, vit un véritable enfer lorsque ses pires angoisses ne cessent de la hanter, plus encore lorsque sa propre femme ne croit pas en ce qu'elle voit et qualifie ces apparitions de crises psychotiques, venant à faire douter Ally de tout ce qui l'entoure. 


Le personnage de Kai est tout simplement brillant. Fou et monstrueux, mais brillant.
En cela, Evan Peters dans son excellente interprétation du personnage porte une grande partie de l'histoire sur ses épaules, et le duo qu'il forme avec Sarah Paulson est tout simplement époustouflant.
C'est par la peur qu'il va parvenir à ses fins. Car la peur contrôle tout.
Ainsi, il va manipuler ceux qui l'entourent, créer la panique, promettre la protection à tous et obtenir ce qu'il recherche : le pouvoir. La frontière entre groupe politique et secte religieuse est franchie. Elle ne semblait pas si mince pourtant. C'est ainsi que Kai va passer de personnage public à véritable dieu vivant pour ses partisans dont la dévotion ne connaîtra plus aucune limite.

Ce qui est terrifiant dans Cult, c'est que tout semble excessif, lourdement exagéré, et pourtant on y décèle tant de choses parlantes, vraies, qui pourraient effectivement se produire. C'est au quotidien que l'on constate combien la peur, celle que l'on a vu grandir ces dernières années, a pu changer certaines mentalités. Une peur qui se transforme parfois en haine et en violence, car l'homme peut être capable de tout pour se protéger et protéger ce à quoi il tient, même du pire, si cela peut donner l'illusion que le mal, l'objet de cette peur est supprimé.
Ici, on bascule dans un choix violent qui consiste à tuer ou être tué. 


J'ai trouvée passionnante l'évolution d'Ally au cours de cette saison. Tout d'abord ouverte au monde, avenante, espérant un avenir meilleur... Puis terrifiée, brisée par une peur qui la ronge et lui fait commettre des folies avant de l'affronter, de vaincre cette peur et de partir en guerre contre celle qui l'a fait naître et devient elle-même source de terreur.

Cette saison souffre d'une certaine irrégularité, avec quelques creux comme ces épisodes flash-back qui certes peuvent être intéressants quant à l'Histoire des USA mais qui n'a pas non plus suffisamment d'intérêt pour qu'on lui consacre des épisodes entiers. De même que même si la violence est une tradition indiscutable dans AHS, l'accumulation de certaines scènes trash s'en est trouvée presque épuisante.

Toujours est-il que j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette saison qui nous fait réfléchir, nous questionner et nous confronter avec nos propres convictions, nous demandant quel choix aurait été le notre dans telle ou telle situation, mais aussi ouvrant quelques inquiétudes sur le possible avenir des grandes nations de notre planète. Et elles sont glaçantes.

jeudi 16 novembre 2017

Six of Crows, Tome 1 - Leigh Bardugo




Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « Dirty Hands ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...
Quelle année riche en découvertes! Après avoir longtemps attendu de trouver un livre qui, au même titre que Harry Potter, proposerait un univers luxuriant d'ingéniosité avec ses propres règles, j'ai eu le bonheur qu'en l'espace de quelques mois, ils s'offrent à moi au cœur des pages de La Passe-Miroir puis aujourd'hui de Six Of Crows.

Il n'est pas aisé de se fondre dans les rues sombres de Ketterdam. On se retrouve sans parachute, à la merci d'un monde dont nous ne connaissons rien, avec ses pays inconnus, ses religions, ses groupes d'individus au nom qui ne nous évoque rien... Le lecteur doit ainsi se démener seul et faire connaissance avec ces Grishas et autres Fjerdans dont il ne connait au départ ni l'Histoire ni les aspirations. Pas évident, mais rudement passionnant et même plaisant de mener l'enquête, noter dans un coin de sa tête les correspondances et liens qui se font peu à peu au fil du récit.

Six of Crows, pourquoi en parle-t-on autant?
Comme précisé ci-dessus, ce livre est une immersion absolue dans un univers totalement nouveau et complexe. Une pure découverte à chaque nouvelle page tournée.
Ensuite, on suit une bande de hors-la-loi, de malfrats, de gamins paumés mais sacrément doués dans une quête terriblement dangereuse qu'il leur est impossible d'esquiver. Nos héros ont tous dans les dix-sept, dix-huit ans et sont dotés de capacités particulières, chacune nécessaire à l'exécution de ce plan. Ils portent tous sur leurs épaules les vestiges d'un lourd passé aussi douloureux que tourmenté. 

Qu'ils soient animés par la vengeance, l'espoir d'un avenir meilleur, le besoin d'être pardonné ou un rêve d'aventure, nos héros vont devoir composer les uns avec les autres, mettre de côté leurs désaccords, apprendre à se connaître les uns les autres et surtout à se découvrir eux-même durant cette folle épopée. 

J'ai aimé chaque personnage que l'on découvre au travers des chapitres qui leur sont consacrés tout en restant parfaitement cohérents et intégrés au reste de l'histoire, mais il faut avouer que j'ai développé un attachement tout particulier pour Kaz. Cet être brisé, caché derrière un masque insensible, une armure infranchissable, au charisme dévorant, ce petit garçon dont les rêves ont été arrachés avec une cruelle injustice et ses sentiments envers une certaine personne, sur lesquels il est incapable de poser le moindre mot... il n'a cessé de me faire sourire et m'émouvoir. 

Six of Crows est une œuvre de fantasy dans laquelle s'enchainent combats spectaculaires, joutes verbales, humour détonnant, évasions risquées et scènes riches en émotion. C'est beau et fort, c'est déroutant et surprenant. Un de ces textes qui ne peuvent laisser de marbre, peuplés de personnages puissants et hauts en couleur! Sans compter une narration résolument moderne et abrupte clairsemée de poésie et de douceur, lorsque le récit s'y prête la plume suit. 
Sans conteste un incontournable du genre!

lundi 13 novembre 2017

Au revoir là-haut (2017) - Albert Dupontel


Au sortir de la Première Guerre Mondiale, deux anciens Poilus, Edouard Pericourt et Albert Maillard font face à l'incapacité de la société française de leur ménager une place. Edouard et Albert mettent au point une arnaque qui pourrait leur apporter gros, mais œuvrent aussi pour que justice soit faite et condamne le lieutenant Pradelle, à la fois criminel et escroc profitant lui aussi du patriotisme d'après-guerre. 

Premier coup de cœur : l'affiche. La poésie qui s'en dégage m'a immédiatement conquise... J'ai su que je voulais voir ce film. Je n'ai pas jeté un regard ni au synopsis et encore moins à la bande annonce. 
Et il m'a laissée sans voix.
J'ai vécu un moment exceptionnel. Du grand et beau cinéma. De ceux qui font honneur au cinéma français en lequel beaucoup ne croyaient plus. Un de ces films qui émerveillent, font rêver, s'évader et perdre pied. Une petite ambiance qui rappelle celle des films de Jean-Pierre Jeunet avec cet entre-deux-mondes, à la fois cruellement ancré dans la réalité et légèrement aérien, presque fantastique.




Que dire des acteurs qui offrent un visage à nos deux héros?
Albert Dupontel, si émouvant dans ce rôle paumé mais dévoué, peureux mais entêté, du mec maladroit au cœur d'or. Face à lui, la nouvelle perle du cinéma français : Nahuel Pérez Biscayart. J'avais été bouleversée par son rôle dans 120 battements par minutes. Qui aurait pu croire qui me ferait à nouveau faire le grand huit des émotions avec son interprétation d'un jeune artiste fantasque rejeté par un père aristocrate? Comment est-il parvenu à transmettre autant par son seul regard dont le reste du visage reste dissimulé sous de fabuleux masques?

En somme, l'histoire peut se révéler prévisible et ne présente rien qui ne sorte non plus de l'ordinaire. Pourtant, combinée au jeu exceptionnel de cette belle ribambelle d'acteurs, à la fabuleuse mise en scène menée par Albert Dupontel et cette musique enchanteresse qui sert un récit aussi fou que divertissant, on obtient un condensé de petites merveilles, de séquences qui vous éblouissent autant qu'elles vous troublent et de sentiments partagés entre joie et tristesse face à une conclusion terriblement douce.

Je ne vous conseille pas d'aller voir ce film car vous êtes seuls juges de vos souhaits, mais dans un cri du cœur, je vous invite à vivre une histoire incroyable et fabuleuse qui pourrait vous arracher quelques larmes dont vous ne saurez que penser...

dimanche 12 novembre 2017

Le Pacte d'Emma - Nine Gorman


 

Emma Reyes, 21 ans, est atteinte d'une maladie neurodégénérative. Elle sait dores et déjà que ses capacités motrices et intellectuelles vont se dégrader ainsi que sa mémoire, le tout agrémenté d'hallucinations auditives et visuelles, jusqu'à ce que son corps abandonne le combat. Rien de bien joyeux en somme.
Elle décide alors de quitter sa petite ville natale pour profiter de ses dernières années à New-York où elle vit avec son frère Jonathan et fréquente sa meilleure et seule amie, Rebecca. Elle prend une nouvelle grande décision en abandonnant son poste de téléopératrice à domicile pour intégrer la très célèbre Anderson Corporation, dirigée par le jeune, séduisant et mystérieux Andrew Anderson
Lorsqu'elle apprend qu'il est un vampire, Emma entrevoit un échappatoire à cette vie déjà condamnée. Devenir une immortelle, tirer un trait sur cette maladie qui la ronge... Mais quel prix est-elle prête à payer pour cela?


Ma petite histoire avec ce roman

Nine Gorman est tout d'abord connue pour sa chaîne booktube, une des plus suivies en France. Elle a commencé à poster Le Pacte Sanguinaire sur Wattpad qui a remporté un franc succès avant d'être repéré par Albin Michel qui l'a ainsi publié.
Beaucoup se montrent sceptiques quant à cet incroyable succès. La question qui se pose : est-il mérité ou seulement dû à la notoriété de son auteure? Je n'ai pas de réponse, non, mais je vais partager avec vous mon ressenti.

Je suis Booktube de loin, je ne suis pas très assidue, une vidéo par-ci par-là, j'en regarde parfois en entier parfois non, certainement parce que je suis passée à côté du phénomène et très vite il y en a eu bien trop à découvrir pour moi... J'ai commencé à suivre Nine via Twitter, parce que je la trouvait sympa et drôle. Et c'est ainsi, plutôt par hasard donc, que je me suis retrouvée sur son profil Wattpad, constatant avec une certaine curiosité qu'elle avait choisi Dane Dehaan pour représenter son personnage masculin principal (oui, je suis une grande fan de Dane, dont cela constitue un argument). Le synopsis comprenant pour la millième fois une jeune femme dans un nouveau lieu, un vampire, un homme de pouvoir, une histoire d'amour... Je me suis dit que je verrai bien si le courant passait ou non au bout de 2 ou 3 chapitres.
Et je n'ai pas pu m'arrêter.
J'ai donc dévoré avidement ces chapitres et attendu que les prochains sortent. J'ai appris avec émotion la sortie du roman en format papier. J'ai découverts avec émerveillement la couverture (même si je préfère celle avec Lily Collins hihihi) et j'ai patienté jusqu'à l'arrivé de mon exemplaire précommandé dans lequel je me suis immédiatement plongée.

Et sinon, ça vaut quoi concrètement?

Pourquoi un tel engouement? La plume de l'auteure est simple et fluide, elle touche au but sans fioritures. Le rythme est addictif car entrecoupé de scènes brèves interrompues par des éléments inattendus qui donnent sans cesse envie d'en apprendre plus.
Certains y verront une redite de thèmes maintes fois traités, mais on peu aussi apercevoir l'hommage d'une passionnée de lecture adressé à tous ces récits qui l'ont touchée, captivée, embarquée dans d'incroyables aventures.
Parmi elles on trouvera The Vampire Diaries (deux frères vampires que tout oppose amoureux de la même fille), 50 Nuances de Grey (le PDG jeune et séduisant qui cache un lourd passé) et pourquoi pas même Nos étoiles contraires (la maladie qui détruit et fait vivre à la fois)? Tant d'histoires d'amour aux contextes divers qui ont marqué des milliers de lecteurs. Et puis quelques clins d’œil, des citations qui nous font sourire, certains même totalement inattendues...

Je me suis attachée à Emma qui se sait condamnée mais veut se battre quoi qu'il en coûte pour vivre, et se retrouve finalement prise à son propre piège. Elle vit l'instant présent, se questionne constamment sur la véracité de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle vit, si ce n'est pas l’œuvre de sa maladie. L'écriture est ainsi traitée pour qu'on vive ce que vit Emma, qui s'accroche à la moindre émotion, la moindre sensation puisqu'elle n'a plus rien à perdre et ne veut pas passer à côté de tout ce qui lui permet de se sentir vivante.
D'un autre côté, on a Andrew qui est coupé de tout. Insensible, froid, manipulateur et avide de pouvoir. Il est en proie à de lourds conflits avec lui-même. Et c'est un véritable supplice d'arriver à la fin de ce volume et en savoir si peu sur son passé! Pareil pour Matthew, ces deux-là ont un passé tourmenté, plein de non dits qui m'a fait faire des bonds.

J'ai aimé que les vampires ici ne soient pas du tout les mêmes que ceux d'Anne Rice. J'ai aimé le caractère de l'héroïne qui ne se laisse pas faire mais s'autorise aussi à se montrer vulnérable. J'ai aimé cette relation qui au départ semble uniquement nourrie par le désir et l'envie avant de glisser lentement, sans que l'on s'en rende compte, vers de tendres sentiments. J'ai aimé que Nathan soit Nathan. J'ai aimé avoir découverts les Black Veil Brides entre ma première et ma seconde lecture (merci Nine, again). J'ai aimé craquer pour Andrew comme pour Chuck Bass quand j'étais ado, à le détester et l'adorer à la fois.

Et puis, je ne vous apprends rien. Cette fin... CETTE FIN !


Bref. Vous avez le droit d'aimer ce livre ou de le détester, de vous jeter dessus ou de l'éviter. Un livre ne se résume pas à son contenu, il a une histoire, l'amour que vous lui porterez dépendra de la manière dont vous l'avez découvert, dont vous vous l'êtes approprié, les conditions dans lesquelles vous l'avez lu, ce qui est arrivé dans votre vie à ce moment là.
Pour ma part, ma rencontre avec l'histoire d'Emma et Andrew est pleine de beaux souvenirs, d'émotions folles et de rencontres insensées (merci les RS). Il me tarde de découvrir la suite, de l'attendre impatiemment, de sauter de joie à l'annonce de sa sortie et de partager encore avec cette folle communauté de passionnés.

mercredi 8 novembre 2017

Love Everlasting (2016) - Rob Diamond



Start : Bridger Jenkins et sa mère ont fuit leur passé, roulant vers la mer qu'il n'a jamais vue en vraie. Leur véhicule les lâche en cours de route et ils rencontrent Will, un homme honnête et généreux qui leur offre un toit et la possibilité de vivre le temps de reprendre la route. La fille de Will, Clover, est une jeune fille que la vie n'a pas épargné. Pourtant, elle s'ouvre à Bridget qui n'a rien à voir avec les autres garçons qu'elle a pu connaître avant...

Mon avis : J'ai aimé ce film autant que je lui en veux. Les thématiques abordées ici sont des plus intéressantes, surtout lorsqu'on les intègre de manière judicieuse à une belle histoire d'amour. Il est question de cicatrices, celles du corps et de l'âme. Bridger et Clover portent les deux. Nos deux héros meurtris vont surmonter les obstacles grâce à l'amour qu'ils vont mutuellement s'inspirer. Cela aurait pu donner un excellent film s'il n'avait pas été victime d'une réalisation un peu plate, fade et d'un scénario laissant cette triste impression "bâclée". Parce que tout n'est pas une question de durée, c'est certain, mais 1h26 pour un film censé se dérouler sur plusieurs mois et durant lesquels se développe une relation passant de la sympathie, à l'amitié, la tendresse et l'amour fou c'est un brin court. Donc oui, je suis déçue. Déçue parce que je m'attendais à une petite histoire d'amour sans prétention, sans prise de tête, durant laquelle je pourrais déguster tranquillement mes sandwichs. Finalement, j'ai été confrontée à une histoire bien plus profonde et intéressant qui finalement n'est pas pleinement exploitée et quel dommage! Bon, je vous épargne mon opinion sur cette fin. CETTE fin. Qui m'a tout simplement jetée au désespoir. 

Spoilers Quelques détails aussi qui m'ont légèrement agacée, à savoir l'actrice interprétant Clover qui fait tout un tas de grimaces en parlant pour montrer qu'elle est gênée. Oui, certains le font certainement dans la réalité, mais dans le film je n'ai parfois vu QUE ça. Ça et ses cicatrices pour lesquelles ont fait tout un plat alors qu'elles sont peu visibles. Certes, il est question de son vécu, de sa douleur etc. mais l'impact sur le physique est tellement mis en avant que ça donne une impression d'inachevé. Je ne pense pas qu'il ne s'agisse que de moi, les cicatrices sont souvent atténuées pour les personnages principaux dont le potentiel glamour est essentiel, je prends pour exemple au hasard ce cher Joffrey de Peyrac ou ce malheureux Fantôme de l'Opéra, tous les deux défigurés mais carrément séduisants au cinéma. Donc en effet, lorsqu'on nous décrit une cicatrice suite à un impact de coup de fusil je m'attendais à autre chose de plus parlant. 

Bilan des courses : encore un film avec beaucoup de potentiel qui m'a laissée sur ma faim, mais qui montre que les petite production n'ayant pas bénéficié d'une grosse promotion peuvent aussi valoir le coup, qu'on peut faire de chouettes découvertes dans le monde du direct to DVD, quoique maintenant il s'agit plutôt du direct to Netflix ou encore du téléchargement Amazon. N'hésitez pas à jeter un coup d’œil à ce film dont le rôle principal vaut quand même le détour, interprété par un jeune mannequin d'aujourd'hui 19 ans qui verra peut-être sa carrière ciné monter dans les années à venir.

samedi 4 novembre 2017

Stranger Things - Saison 2 (2017)


Saison 2 - 2017
9 épisodes

Back to Hawkins...
Un an a passé depuis l'attaque du Demongorgon et la disparition d'Onze (Eleven). Will Byers a des visions du monde à l'envers (Upside Down) ainsi que d'une créature terrifiante dont il semble qu'elle veuille atteindre notre monde.

... and the Upside Down.

Dans la première saison, les personnages cherchent chacun de leur côté un moyen de retrouver Will, prisonnier du monde à l'envers. Dans cette suite, ils essaient d'empêcher ce monde d'envahir le leur. On aurait pu ressentir une impression de déjà vu, avec ce même salon (et le reste de la maison!) envahis à nouveau mais de toute autre manière, pourtant la mayonnaise prend. Parfaitement.
C'est un réel délice que de suivre les aventures de cette bande de gosses qu'on a appris à connaître et auxquels on s'est attachés. D'ailleurs, on laisse de temps à autres Mike de côté pour en apprendre plus sur Dustin et Lucas. Dommage en revanche qu'on ne puisse jamais vraiment savoir QUI est Will, qui passe du garçon disparu au garçon possédé, mais cela se fera certainement par la suite.
C'est toujours un plaisir de voir Joyce, parfaitement campée par Winona Ryder, en mère attentionné, un brin paranoïaque et obsessionnelle qui se révèle ici plus réfléchit et courageuse, une vraie battante qui a décidé de faire la peau à tout ce qui pourrait entraver la paix de son foyer (non, sérieux elle est flippante mais en bien!).

Hopper est toujours attachant en homme meurtris par la perte de sa fille, surtout dans le lien qui se crée avec Onze qui m'a émue à plus d'un titre. En revanche je ne compte plus le nombre de baffes que j'ai voulu coller à Nancy! Certes, elle est malheureuse, se sent coupable et vit mal les récents évènements mais ça ne lui donne pas le droit de faire tourner en bourrique les deux gentils garçons qui se meurent d'amour pour elle et qu'elle semble vraiment prendre pour des truffes! Steve n'a d'ailleurs cessé de monter dans mon estime. Bien qu'il ne soit pas toujours très fin, il est honnête et brave, cela n'a pas de prix. Face à Jonathan qui reste mignon comme tout mais un peu effacé et passif, il finit par devenir plus intéressant à suivre dans cette aventure.


Ah, mais j'oubliais! Il y a des petits nouveaux...
Sans rien vous spoiler, j'ai eu un gros coup de cœur pour Sam Gam... euh Bob Newby! Sérieux, vous en avez vu souvent des types comme ça? Gentil, généreux, dévoué, courageux... Bref, un condensé d'amour. Et concernant Max, j'ai trouvé cool d'intégrer une fille à la bande, même si son arrivée n'est pas du goût de tout le monde ce qui, au passage, est assez crédible dans ce contexte-là. Et son frangin, inutile de préciser qu'il m'a fait mourir de rire durant une scène du dernier épisode après m'avoir hérissé les poils durant toute la saison, comme quoi on peut toujours être surpris. 

J'aime toujours autant, voire plus, le personnage de Onze. L'amour qu'elle porte aux personnes qui lui sont chers ne cesse de m'émouvoir. Elle doit vaincre ses propres démons, et c'est cet amour qui lui donne le courage d'affronter tous les dangers quoi qu'il arrive. Elle va vivre différents évènements, différentes rencontres, qui de prime abord peuvent sembler inutiles ou ne pas faire avancer la série et pourtant ils vont l'aider à grandir et comprendre ce qui l'importe réellement, ce qui lui est essentiel.

Chaque épisode ne cesse d'enchainer les références au cinéma des années 80 et c'est toujours un plaisir que de les desceller une à une, des plus frappantes aux plus discrètes, de E.T. à Les maîtres de l'univers et passant par Rencontre du troisième type ou encore Retour vers le future et les Gremlins.

En clair, la saison 2 de Stranger Things tient ses promesse avec une qualité toujours irréprochable, des personnages attachants et hauts en couleur qui évoluent dans un monde des plus menaçants dont on en apprend un peu plus à chaque épisode (même si, avouons-le, tout cela reste bien obscur...). On passe encore par toute une palette d'émotions dont on a du mal à se remettre tant on a l'impression de vivre cette histoire à laquelle on assiste. C'est doux, drôle, triste voire déchirant, et toujours captivant.
L'attente de la saison 3 va sembler longue et pénible mais il est certain que le public sera prêt, quoi qu'il advienne!

dimanche 29 octobre 2017

Thor : Ragnarok (2017) - Taika Waititi


Depuis quelques temps, c'est toujours à reculons que je vais au cinéma voir les nouveaux films de super-héros. Les Avengers et compagnie, ça m'a souvent gonflée. D'ailleurs on remarque la petite intervention de Doctor Strange (que j'avais beaucoup aimé!) qui passe par là sans apporter grand chose mais qui fait sa petite pub l'air de rien. Et là... quelle bonne surprise! Non Thor : Ragnarok ne casse pas les codes pour nous ouvrir les portes d'une nouvelle ère mais il faut bien l'avouer, j'ai passé un excellent moment! 

Déjà, Thor, à la fois super-héro et personnage mythologique est un numéro comique à lui seul. Il ne se prend pas au sérieux mais tout a été bien dosé pour qu'on ait pas l'impression de le voir devenir une bête de foire (l'humour c'est bien, mais c'est comme le bon vin, il ne faut pas non plus en abuser, hein!).
Je suis toujours fan de Loki, ou plutôt de son interprète, Tom Hiddleson (oui je craque pour les types maigres et blafard, chacun son truc). C'est un vrai méchant, lâche et manipulateur jusqu'au bout, enfin un qui tient ses engagements! 
Je regrette un peu que Bruce Banner ou plutôt Hulk ne soit plus une créature de colère mais un gros truc maladroit et un peu crétin. Je trouve ce personnage mal exploité, juste pour casser des trucs et faire rire, mais je parle en tant que fan de la première heure du film avec Eric Bana alors pardonnez la guimauve. Mark Ruffalo est parfait pour ce rôle mais c'est bien triste de ne pas plus le voir.
Toujours est-il que j'ai a-do-ré le personnage de la Valkyrie (bon, par contre, elle a un nom? l'actrice, elle c'est Tessa Thompson). Une femme belle et badass qui au début ne sert que ses intérêts noyant sa tristesse dans l'alcool avant de reprendre les armes et se battre pour ce en quoi elle croit, yes! 
Et bien sûr on a Cate Blanchett, que j'ai eu du mal à reconnaitre en Hela démoniaque. La concernant, rien de bien neuf sous le soleil, hein. Vengeance, cruauté, pouvoir et confettis mais elle le fait bien et son personnage tient la route donc pour moi c'est bon. 

Encore un grand ouahou aux effets spéciaux! On nous sert un univers coloré qui rappelle celui des Gardiens de la Galaxie et les scènes de combats sont rudement bien menées pour nous en mettre plein les yeux. En gros c'est drôle, beau et divertissant, on en demande pas plus à Thor qui tients ses promesses!

Attachement - Rainbow Rowell


// Éditions Milady (Central Park) // 480 pages //
Lincoln, gentil geek aux faux airs d’Harrison Ford, travaille dans une entreprise où son rôle consiste à contrôler les e-mails des employés. C’est ainsi qu’il parcourt les échanges de Jennifer et Beth, deux copines aussi impayables qu’attachantes. Sans même l’avoir vue, Lincoln va tomber amoureux de Beth. Mais comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou ?

Y a-t-il des fans de Rainbow Rowell dans l'assistance? Sachez qu'il s'agit de son premier roman!
Attachement alterne entre mails que s'adresse deux copines et narration externe centrée sur Lincoln. C'est drôle et frais, touchant et même troublant de vérité. La prose de l'auteure est un régal! Ce n'est pas tant pour le récit lui-même que pour le plaisir de chaque phrase que l'on continue, tournant les pages sans même s'en rendre compte. 
Il faut aussi avouer que c'est terriblement romantique, cette idée de tomber amoureux sans même avoir rencontré l'élu de son cœur, non? Et quand au comportement voyeur de Lincoln, il n'est pas présenté comme anodin et notre héro en est même bien plus mal à l'aise que nous.
En somme, on a droit à un joli livre qui fait du bien au même titre que ces comédies romantiques dont on ne cesse de se délecter, tout en gardant un minimum de cohérence, en proposant des personnages originaux et même carrément particuliers mais tout à fait crédibles, ce qui n'est pas de trop!
Le joyeux trio Beth/Jennifer/Lincoln m'a émue et je m'y suis terriblement attachée. Leurs aventures ne sont pas toujours heureuses, mais les épreuves traversées laissent un goût doux-amer, avec ce sentiment que malgré tout de belles choses arriveront.

Un sans faute pour moi qui ai le plaisir d'avoir lu presque tous les titres de Rainbow Rowell (il ne me manque qu' A un fil!). Je ne m'attendais à rien de particulier au vu du résumé et j'ai passé un excellent moment de lecture, le sourire aux lèvres dans le RER dès le matin sur le chemin du boulot.

Je vous le recommande chaudement si vous avez besoin d'une lecture tout en rire et en douceur.

mardi 24 octobre 2017

[ Le ciné-club de Potzina ] Octobre 2017 // Ailleurs et loin d'ici : Labyrinthe (1986) - Jim Henson

Introduction
Potzina, dans son super blog, avait instauré une formidable tradition bloguistique, le ciné-club. Tous les mois, elle proposait un thème cinématographique et invitait tous les blogs qui le voulaient à choisir un film correspondant au thème et à le présenter sur son blog. A la fin du mois, Potzina proposait de découvrir l'ensemble de ces posts en publiant les liens sur son blog. [...] Du coup, quand elle a annoncé que par manque de temps, elle ne pouvait plus le prendre en charge, on était plusieurs à se dire qu'on aimait trop ce concept pour le voir dépérir et qu'il était temps maintenant de relayer tous ensemble le formidable travail qu'elle avait commencé. Voici ce que l'on vous propose: poursuivre le Cinéclub de Potzina dans les mêmes principes, sauf qu'au lieu de laisser à Potzina le soin de s'occuper seule de proposer un thème et de regrouper les articles en fin de mois, on s'est dit que ce serait bien que ce soit un blogueur différent chaque mois, sur la base du volontariat.

Ailleurs et loin d'ici
Labyrinthe est un film de Jim Henson (The Muppet Show, Dark Cristal) réalisé en 1986. Pourquoi avoir choisit ce film? Alors que je cherchais un titre adapté au thème du mois, j'ai tourné la tête vers ma bibliothèque sur laquelle trônait un Funko Pop de Jareth, l'évidence s'est présentée d'elle-même. 
Dans Labyrinthe, Sarah est une jeune femme rêveuse, qui souhaite instiller un peu de magie dans son quotidien morne où elle est contrainte de garder son insupportable demi-frère, Toby. Alors qu'elle lui conte la terrifiante histoire du roi des gobelins pour l'aider à s'endormir, Sarah décide de faire taire ses pleurs par une phrase dont elle ignore le réel pouvoir et qui va pourtant le condamner et l'emporter au loin vers un monde dans lequel règne Jareth. Ce dernier passe un marché avec Sarah : elle pourra récupérer son petit frère si elle parvient à atteindre le centre de son labyrinthe en treize heures seulement.
Ce film est doté d'une ambiance si particulière, à la fois mystérieuse, fascinante et inquiétante. Sarah est une adolescente tout ce qu'il y a de plus normal, avec ses espoirs et ses incertitudes, ce perpétuel sentiment d'être incomprise et la frustration de ne pas obtenir ce qu'elle désire. Cette phrase était peut-être une erreur, pourtant c'est celle-ci qui va lui faire accéder à son souhait le plus cher, lui faire vivre une aventure incroyable dont elle est l'héroïne. 


Cette fille solitaire va faire des rencontres, devoir s'allier à des créatures incroyables, faire confiance à des monstres étranges, se défendre contre d'autres et vaincre le Roi des Gobelins, dont l'attirance qu'il éprouve pour elle, pareillement à l'histoire de son livre, ne fait aucun doute. 
C'est un bonheur sans cesse renouvelé que de voir à l'écran une toute jeune Jennifer Connelly dont on ne sait si la fabuleuse épopée qu'elle vit résulte du rêve ou de la réalité. Et que dire de David Bowie en Roi des Gobelins charismatique et intrigant à souhait? Sans compter cette musique enchanteresse et ces chansons composées par l'artiste qui a donné de sa personne tant dans l'élaboration de la bande son que dans le look de son héro.

Labyrinthe fait partie de ces films dont on n'est plus certains de les avoir réellement vécus ou juste imaginés, mais qu'importe? La seule chose qui compte, c'est ce sentiment d'évasion qui nous envahit, ce moment durant lequel tout est possible, alors que la fiction prend le pas sur notre monde si terre à terre. 
Clap de fin
Que ce soit par nostalgie des années 80, une certaine fascination pour les films fantasy, par admiration pour le casting, par amour pour le réalisateur ou encore la folie des marionnettes, par curiosité vis-à-vis des costumes  absolument sublimes ou l'envie de connaître absolument TOUTES les chansons de David Bowie, à moins que ce ne soit que pour la science et votre culture personnelle... vous trouverez une bonne raison de regarder Labyrinthe, ce film culte pour certains mais tristement laissé pour compte qui gardera éternellement une place dans le cœur de ceux qu'il a su transporter.

Liar - Saison 1 (2017)


Saison 1 - 2017
6 épisodes

Laura Nielson vient définitivement de rompre avec Warren Brown. Ils ont vécu des années ensemble mais savaient depuis longtemps qu'il n'étaient pas faits pour vivre une palpitante histoire d'amour, aussi la séparation se fait sans heurt, se laissant chacun une place dans le cœur de l'autre. Dans cette petite ville, tout le monde sait tout sur tout le monde. Aussi, Andrew Earlham qui avait depuis longtemps remarquée la sœur de sa collègue, Katy Sutcliffe, et saute sur l'occasion pour lui proposer un rendez-vous que Laura accepte. Le diner se déroule à merveille, la complicité entre eux est palpable et tous deux se retrouvent, par un concours de circonstances, à terminer la soirée chez Laura. Pourtant, le lendemain, tout bascule. Alors qu'Andrew lui envoie un message pour la remercier de ce moment, Laura porte plainte pour viol.
Les premiers épisodes de Liar m'ont laissé un souvenir palpitant, empreint de questionnements et de constante remise en question. Laura et Andrew sont tous deux présentés aussi persuadé l'un que l'autre de sa propre innocence, terrifié par cette situation à laquelle ils sont confrontés. 
L'une a été abusée sexuellement, sans possibilité de fournir la moindre preuve, sans aucun souvenir assez précis pour décrire ce qui lui est arrivé. L'autre est accusé de viol, attaqué de toute part via les réseaux sociaux et regardé de travers sur le lieu de son travail. Qui est menteur, qui est victime?


La première moitié du la série est rudement bien menée, nous faisant douter à chaque instant, changer d'opinion à la moindre parole, accuser à notre tour l'un ou l'autre. On découvre ainsi certains mécanismes ancrés dont on n'arrive pas à se défaire. Voyez plutôt Laura, connue pour des antécédents dépressifs avec prise de traitements, ayant déjà porté plainte pour harcèlement sexuel sans que l'affaire n'ait connu de suite. On hésite : a-t-elle véritablement été abusée? N'a-t-elle pas tout oublié ou imaginé, la faute à des troubles dont elle n'a pu se débarrasser? Et Andrew n'est pas en reste. Il est chirurgien, veuf, soit un homme de pouvoir habitué à obtenir tout ce qu'il souhaite, sans compter que la mort de sa femme est des plus mystérieuses, et cet homme est bien trop souriant pour être honnête. N'y a-t-il pas assez de viols non reconnus pour qu'on laisse passer celui-là?


Tant de questions qui se posent et font bouillonner notre petit cerveau. Finalement, la réponse ne se fait pas attendre et c'est assez décevant de constater quand dans nos hypothèses, il y en avait bien une de vraie. La quête n'aura pas tant duré, et les explications se succèdent bien vite, assez évidente et la solution finale arrive comme un miracle tombé du ciel.

Petite déception, donc, pour cette série qui aurait pu nous offrir un scénario surprenant et inattendu pour finalement nous servir une histoire tristement ancrée dans la réalité, qui a bien malheureusement du se produire de manière semblable maintes et maintes fois. Je précise néanmoins que cette série vaut le détour car même si on est un peu léger niveau suspense et révélations, le sujet lui-même a le mérite d'être traité avec un réalisme frappant. Aussi, c'est le déroulé nous confronte violemment à cette situation où la victime est seule détentrice de la vérité, que personne ne la croit totalement, qu'elle n'a d'autre moyen que partir à la recherche de preuves permettant que justice soit faite. Un sujet tristement actuel qui permettra peut-être de faire réfléchir ceux qui restent perpétuellement sceptiques face aux accusations accablantes qui tombent chaque jour et demeurent presque ignorées, comme un fait divers dont personne ne se soucierait.

La mini-série désormais devenue saison 1 se termine par un cliffhanger qui amène à une nouvelle enquête, on retrouvera donc nos personnages dans une saison 2 prévue pour 2019. Je ne suis pas encore certaine de vouloir continuer, mais peut-être changerai-je d'avis d'ici là?

Mon avis plus détaillé et plein de jolis spoilers sur Just About TV est ICI.

lundi 23 octobre 2017

Kingsman : Le Cercle d'or (2017) - Matthew Vaughn


Kingsman, l'élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu'une bombe s'abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d'une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux États-Unis. Face à cet ultime danger, les deux services d'élite n'auront d'autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d'un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.
Quel bonheur de retrouver les Kingsman! J'avais tant aimé le premier volet, avec ce brin de folie qu'on retrouve dans les autres films de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass...) et cette touche délicieusement british. Dans ce second volet, on retrouve l'adorable Eggsy (parfaitement campé par Taron Egerton) qui mène une double vie paisible entre ses anciens potes, sa petite-amie princesse et son travail de tailleur/agent secret britannique. Bien évidemment, un évènement inattendu va bouleverser ce quotidien dangereux mais toujours maîtrisé par l'agence de choc.

Commençons par les points qui m'ont chagrinée et quelque peu déçue, histoire qu'on s'en débarrasse. 
// ATTENTION le paragraphe qui suit contient quelques spoilers //
Déjà, la petite amie d'Eggsy : la princesse Tilde. Il n'y a pas forcément nécessité de donner de l'intérêt à une histoire d'amour dans un film lorsque ce n'est pas le thème principal, certes, mais là sérieusement le personnage est aussi fade qu'horripilant. Son existence n'apporte rien à l'histoire, hormis quelques disputes assez inintéressantes. Bref, rien de bien grave en somme si je n'avais pas été aussi déçue par... le personnage de Poppy Adams! Je ne reproche rien à Julianne Moore, toujours égale à elle même. Qu'elle soit excentrique et un brin sadique, qu'elle ait installée son QG au beau milieu de nulle part passe encore même si c'est du déjà vu. En revanche, ses motivations m'ont semblé tellement peu crédibles! Cette femme aurait pu trouver des centaines d'autres moyens de créer une entreprise qui aurait servi de couverture pour son trafic de drogue. Prendre en otage ses consommateurs et négocier une légalisation de la drogue avec le Président des États-Unis ne tient pas la route. Sans compter ledit Président psychopathe prêt à sacrifier les consommateurs. Bref, peut-être ai-je aussi mal digéré toutes ces scènes tournées au hachoir?
Bref, on nous assassine cruellement un personnage féminin intéressant au début du film et on s'en traine deux pas très intéressants jusqu'à la fin. Heureusement il reste Halle Berry même si on espère la voir plus souvent dans le prochain opus!
// Fin des spoilers //

Mis à part ces quelques détails, Kingsman nous offre une suite à la hauteur, avec des scènes de combat à couper le souffle, quelques passages qui sauront vous chavirer le cœur et un humour parfois trash toujours omniprésent. J'aime toujours autant le personnage de Eggsy, qui a su devenir un agent hors pair mais qui reste guidé par ses émotions, toujours droit et fidèle, bref, il me tarde de le retrouver dans un troisième opus!
Un plaisir aussi de retrouver certains personnages clé - pas tous étant donné l'attachement des créateurs pour les massacres en début de film - dont on pleurera ou non la perte en cours de route mais aussi de nouveaux arrivants dans la saga interprétés par de sacrées têtes d'affiche! 
En parlant de célébrités... un artiste fait une apparition à laquelle je ne me serai jamais attendu dans un film pareil! J'espère que la surprise sera aussi bonne pour vous que moi qui suis une grande fan. 

Kingsman : Le Cercle d'or est un film divertissant, drôle avec des personnages hauts en couleur qui sauront vous faire passer un excellent moment sur un temps que vous ne verrez même pas défiler! 
Grosse mention pour la scène d'intro qui est tout simplement dingue, ainsi que l'ultime bataille qui m'a scotchée sur mon siège.
 

mercredi 18 octobre 2017

Stranger Things - Saison 1 (2016)


Saison 1 - 2016
8 épisodes

Once upon a time in the Indiana...
A Hawkins, en 1983 dans l'Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d'amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre "11" sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…
... stranger things happen.
La série que je voulais absolument voir après avoir été happée par le terrifiant Ça. Un groupe de gamins impopulaires dans les années 80 qui partent à la recherche de leur copain disparu, c'est l'un des schéma maintes fois utilisés que je préfère, ça ouvre la voie à tellement de possibilités et toujours le bonheur de glisser des références de l'époque à tire-larigo! Stranger Things ne se contente pas de sortir ledit schéma de derrière les fagots, il l'exploite à merveille et en tire le meilleur. 
Outre nos trois gosses adeptes de fantasy, on fait la connaissance de leur famille en passant par leurs frère et sœur ainsi que leurs parent, le shérif ou encore le prof qui se retrouvent impliqués dans cette histoire mystérieuse et terrifiante...


Que dire de 11? J'ai adoré son personnage doux et meurtris, confronté à de nouvelles relations qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de développer, des sentiments qu'elle n'avait jamais pu éprouver. Elle se montre tellement courageuse, déterminée et protectrice envers ses nouveaux amis. Parmi eux, c'est bien évidemment Mike que j'ai préféré, il est si touchant!
Le rythme de ces huit épisodes permet de tenir le spectateur en alerte, de disséminer de nouvelles révélations à chaque tournant et d'en apprendre chaque fois un peu plus sur cet univers incroyable que l'on découvre en même temps que nos héros.
Et cette bande-son, quelle merveille! Elle colle parfaitement avec cette ambiance mi réconfortante mi inquiétante qui donne envie de visionner Stranger Things au chaud sous la couette.
Juste une chose, avant que j'oublie... quelqu'un a remarqué l'affiche de Dark Crystal dans la chambre de Mike Wheeler?



I'll be back
(la saison 2 arrive la 27 octobre !!!)

mardi 17 octobre 2017

Mon amie Adèle - Sarah Pinborough



// Éditions Prélude // 448 pages //
 
LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise... Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Un roman intrigant, qui joue avec les non-dits et les sous-entendus. Des personnages menteurs, manipulateurs, pris dans leurs propre piège, mais lesquels sont-ils? J'avais une idée très arrêtée dès le départ sur le maître du jeu, mais il me manquait une sacrée pièce du puzzle. Le lecteur élabore tout un tas de théories invraisemblables qui changent presque à chaque chapitre. Et bien sûr, impossible de deviner ce qu'il en est vraiment. Peut-être vers la fin, en ayant un esprit d'analyse très fin et en laissant libre cours à ses fantaisies. Car difficile de discerner ce qui est vrai de ce qui est interprété.
Un thriller surprenant, aux frontières du paranormal. C'est peut-être ce qui m'a un brin chagrinée d'ailleurs. Et puis je me suis rappelée qu'il s'agissait de Sarah Pinborough et que c'en était presque évident. Même si elle m'a été présentée comme une lecture captivante et impossible à lâcher, Mon amie Adèle s'est révélée une très sympathique distraction pour m'évader lors de mes trajets dans les transports en communs parisiens.
Une lecture que je vous recommande chaudement, qui saura vous divertir, vous surprendre et vous faire découvrir la plume d'un auteur qui vaut clairement le détour!

Pour info : Sarah Pinborough a écrit Les contes des Royaumes (Poison, Charme et Beauté) et La maison des morts édités chez Milady qui sont tous d'excellents titres.

lundi 9 octobre 2017

Blade Runner 2049 (2017) - Denis Villeneuve



En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies...
Ayant une mémoire de poisson rouge, je ne pourrai pas vous faire une analyse scientifique et décortiquée de ce film en lien avec le premier Blade Runner datant de 1982 même si je l'ai vu deux fois. Tout ce que je peux vous dire, c'est que Blade Runner 2049 séduit par une image époustouflante, une réalisation douce et aérienne teintée d'une mélancolie indéfinissable. 
N'étant pas la fan number one du beau Ryan Gosling, c'est un grand plaisir de vous dire que, pour moi, il s'agit d'un de ses meilleurs rôles (avec Drive, évidemment). Je l'ai parfois trouvé un tantinet fade, il ne m'a que rarement émue dans ses films et pourtant, j'ai trouvé K déchirant.

Ils sont passionnants, ces films qui traitent de l'humanité. Qu'est ce qui fait un être humain? Quelles sont les frontières de l'être humain? Est-ce les sentiments, les émotions, la capacité à ressentir? Une machine peut-elle ressentir? Un être créé par l'Homme peut-il devenir homme? 

Inutile de vous préciser combien j'ai été touchée par Joi (Ana de Armas) et sa relation avec K. Cet amour dont on se questionne à peine sur la nature puisqu'il n'a pas besoin d'être expliqué, exposé, justifié, rationalisé... il est tout simplement. Y en a-t-il parmi vous qui ont aussi pensé au Petit Prince et sa rose? 

La quête menée tout au long du film m'a beaucoup plu. J'ai assez rapidement compris qui était l'enfant recherché mais cela n'a pas d'importance. L'histoire est belle, empreinte d'une certaine poésie, pleine d'espoir et d'amour. Et puis après Indiana Jones et Star Wars c'est toujours un plaisir de retrouver Harrison Ford dans l'un de ses rôles mythiques des années après...

Chaque note de musique nous transporte, chaque plan éblouis, chaque personnage nous confronte à nous-même. Indéniablement un film à côté duquel il ne faut pas passer et qui marquera 2017 de bien des manières.

mardi 3 octobre 2017

Double Je - Reiko Momochi



Double Je - Reiko Momochi
5 tomes (série terminée)
Editions Akata

Nobara et Kotori sont jumelles dans une famille heureuse. Un jour, leur père meurt a cause de l'imprudence de Nobara.
Cette dernière part vivre auprès de sa grand-mère afin de de punir d'avoir détruit cette famille mais échange parfois sa place avec Kotori pour continuer à voir sa mère en secret.
Alors qu'elles se font passer l'une pour l'autre, Kotori est assassinée...

Comment vivre avec cette culpabilité? Vivre en étant responsable de la mort de son père, puis de sa jumelle? Nobara ne trouve pas de réponse à cette question. Alors elle va trouver une autre solution, un autre but, celui de venger sa sœur et prendre la vie de son meurtrier. Pourtant, supprimer une vie d'en a jamais ramenée une autre. Et cela fera d'elle une criminelle. Mais alors, comment accepter pareille injustice? Comment tolérer que chacun tous oublient la jumelle que l'on pense morte, que l'on croit être Nobara? Supporter de disparaitre pour laisser vivre Kotori aux yeux de leurs proches?
Un manga surprenant et déchirant sur la culpabilité, la vengeance, la résilience. De quoi se poser de longues questions sur l'importance de la vie, la légitimité de chacun à la prendre ou la laisser, la manière de se reconstruire quand on a tout perdu...


Je le répète pour la millième fois, mais tant pis. Derrière de jolies couvertures shojo aux tons pastel, les titres que propose Akata sont forts, leur choix n'est pas dû au hasard, il relève d'un réel engagement à nous faire découvrir des histoires percutantes pour faire réfléchir et permettre au lecteur d'ouvrir son esprit sur des sujets parfois complexes et tabous.
Il faut oser parler d'amour envers une personne au passé criminel. Oser parler d'injustice quand la loi a tranché selon les textes. Oser ne pas baisser les bras quand tout le monde vous dit d'arrêter.  
Un seul hic, une péripétie au milieu de l'intrigue durant laquelle on suspecte un personnage, puis non, puis si, qui m'a semblé nous faire tourner en rond. Mais c'est sans conséquence quand on pense à la fin qui m'a fait bondir tant je ne m'y attendais pas.

Un thriller sur fond de shojo, à moins que ce soit un shojo sur fond de thriller? Qu'importe son appellation. Un titre qui chamboule nos convictions, nous confronte à de véritables interrogations et nous embarque dans une enquête au rythme effréné qui ne nous laissera pas de marbre.

lundi 2 octobre 2017

Le Chaos en Marche, un nouveau Patrick Ness porté à l'écran !

Il y a quelques mois je vous parlais de Quelques minutes après minuit, cette merveille de Patrick Ness qui avait été adaptée au cinéma et le résultat s'était révélé au delà des mes espérances tant il est magnifique! 

A ma grande surprise, cet auteur chouchou dont j'avais l'impression d'être la seule lectrice dans mon entourage va à nouveau faire l'objet d'un film et pas des moindres puisqu'il s'agit de sa trilogie dystopique à couper le souffle : Le chaos en marche.
La voix du couteau, le cercle et la flèche, La guerre du bruit. 


Trois volumes qui m'ont fait vivre une aventure incroyable que je n'ai pu partager qu'avec très peu de monde. Aussi je ne saurais dire si je suis contente que cette série soit amenée à être connue et lue bien plus à travers le monde dans les années à venir ou si je suis triste qu'elle puisse potentiellement devenir un énorme sujet à la mode tels que Hunger Games et Divergente...

C'est l'année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d'hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais...

Grosse appréhension # 1 : la réalisation. A qui va-t-on confier le précieux bébé? 
Doug Liman, à qui l'on doit de chouettes films comme La Mémoire dans la peau, Mr & Mrs Smith, Edge of Tomorrow ou encore Barry Seal dont je vous ai parlé dimanche. Bon, ça va, le monsieur est branché SF et action mais sait aussi jouer avec les sentiments. Ouf!
Au passage, on a Robert Zemeckis à la production! Sait-on jamais, ça peut lui faire gagner des points à ce film en cours de tournage.
Et enfin le scénario, Patrick Ness est dessus. Gros soulagement, et pas de risque que tout se barre en sucette pour un teen-movie américain qui n'aurait plus rien à voir avec le texte d'origine.

Première photo de tournage révélée au public

Grosse appréhension # 2 et pas des moindres : le casting.
Sans la moindre objectivité, Tom Holland et Daisy Riley, JE LES AIME. Alors je suis contente! Sinon, en creusant un peu... Certes, ils ont 21 et 25 ans quand les héros sont censé en avoir 13 ou 14. Mais étant donné la teneur des romans, la maturité des personnages ils aurait pu sembler compliqué de placer les adolescents apparus dans Ça... Quoique! Ça me chiffonne un peu et cela aurait été intéressant de conserver les caractéristiques des personnages mais visiblement la production a d'autres projets (comme toucher un plus large public et faire plus d'entrée? Roooh la mauvaise langue...), espérons seulement que ces changements seront intégrés dans un contexte cohérent.

Bref, comme des années avant pour Hunger Games, me voilà rivée à mon écran srutant les moindres news à me mettre sous la dent, entre impatience et appréhension, croisant les doigts pour que le rendu soit là aussi de qualité.
Si je peux me permettre, d'ici là et si vous ne connaissez toujours pas le génialissime Patrick Ness, lancez-vous! Vous avez le temps d'ici 2019 ;)

Ça (2017) - Andy Muschietti




A Derry, dans le Maine, d'étranges disparitions ont lieu. Parmi elles, celle de Georgie, le petit frère Bill dont on n'a jamais retrouvé la trace après qu'il soit sorti faire naviguer sa frégate en papier dans le caniveau un jour de grande pluie. Mais Bill n'a pas perdu l'espoir de retrouver Georgie, et continue d'explorer chaque possibilités, même les égouts dans lesquels il fera la rencontre de Ça, un clown diabolique qui prend l'apparence des peurs profondes de chaque membre de la bande des ratés. Pourtant, ces gamins vont devoir se battre et affronter la peur elle-même.

Le Club des Ratés
Gros coup au cœur pour cette bande de gamins paumés et maltraités par la vie. 
J'ai aimé apprendre à connaître chacun d'eux, leurs peurs et leurs espoirs. 
J'ai aimé ce lien invisible qui les unis, que ce soit leur existence malmenée par les adultes ou cette volonté de s'accrocher quoi qu'il arrive avant qu'il n'y ait autre chose qui s'y ajoute... ces peurs qui prennent forme et qui deviennent réelles. Cette bande qui ne peut vaincre qu'en restant unie, le courage des ces gosses hauts comme trois pommes face à la peur personnifiée pour se sauver parce qu'il n'y a que sur eux qu'ils peuvent compter. 
Les Ratés existent à cause de la violence. Celle des adultes et des autres enfants. Ils se qualifient de ratés, comme des échecs en bande, des erreurs de la société. Cette violence est presque toujours présente dans les titres de Stephen King, je pense en premier lieu à Carrie dont l'horreur n'est aucunement liée aux pouvoirs paranormaux de la jeune fille mais à ces abominations qu'on lui a fait subir. Comme s'il pointait du doigt cette cruauté malsaine que tant subissent sans que personne ne veuille le voir. 


Grippe-Sou
On parle dans cesse du clown, de "Ça" comme l'incarnation de la peur. Il y a un parallèle qui est fait entre les craintes enfantines, abstraites, fictives et la peur de cette cruelle réalité à laquelle les enfants sont confrontés. Je me suis demandé si Ça n'était pas le fruit de l'imagination des enfants. Les peurs de chacun sont liées à leur vécu. N'est-il pas normal de vouloir donner à ces horreurs quotidiennes un visage? Penser qu'un petit garçon n'est pas mort mais qu'il a été enlevé par un monstre. Se dire que l'on n'est pas l'incapable qui déçoit son père mais juste terrifié par ce visage maléfique sur le tableau. Que l'on n'est pas manipulé et séquestré par une mère à moitié folle mais que le monde est véritablement dangereux et mauvais... Si les adultes ne voient pas le clown, est-ce parce qu'ils ont oubliée cette peur inexplicable? Qu'ils ne craignent que des faits pratiques et rationnels et ne peuvent même plus inventer, penser, imaginer?
Cette entité maléfique qui se nourrit de chair et terreurs enfantines tous les 27 ans avant de repartir hiberner n'est pas expliquée et décortiquée ce que je trouve très bien. Justifier et rationaliser la peur n'aurait aucun sens et il est bon de laisser des zones d'ombre sans jamais tenter de les éclairer.


You'll Float Too 
L'ambiance, l'image, les teintes choisies et cette bande-son... Que de merveilles offertes par le cinéma! Je pensais être confrontée à un film d'horreur "classique" et ai finalement été plongée au cœur de ce qui ressemblait presque à un conte macabre chantonné sur les notes grinçantes d'une boîte à musique.
Le clown, les ballons, la maison hantée au bout de la rue et les chants d'une chorale, tant de détails qui savent nous glacer le sang et pourtant ce film constamment teinté d'épouvante nous laisse quelques répits.
Il en est même presque doux par moment. L’innocence des enfants, les blagues perpétuelles de Richie (qui aurait cru rire si souvent aux éclats en regardant ce film?), cet été dont ils veulent pleinement profiter nous laisse comme une saveur de nostalgie dans le cœur.  


Il reviendra...
Dur de devoir attendre Septembre 2019. Et en même temps, j'ai quelques appréhensions. Suivre cette bande de gosses confrontés à leur peur était passionnant. Les revoir adultes, 27 ans plus tard, nous verrons bien ce que cela donnera! Quelle histoire, quelle ambiance, quelles peurs?

14-14 - Silène Edgar & Paul Beorn


// Éditions Castelmore // 269 pages //
Hadrien et Adrien ont treize ans et mènent tous deux une petite vie sans histoire à quelques kilomètres l'un de l'autre en Picardie. Ils échangent par lettre leurs problèmes de famille, d'école et de cœur. Une chose les empêche de se rencontrer : l'un vit en 1914, l'autre en 2014. 

Une ravissante histoire d'amitié à travers des personnages auxquels il est facile de s'identifier. Malgré un siècle d'écart, les tracas adolescents sont les mêmes, à quelques détails près. Les personnages sont crédibles et bien construits, le contenu est fournis et documenté ce qui permet de découvrir avec délectation de petites choses qui ont fait l'enfance des jeunes de cette époque pas si lointaine.
Ce roman se lit comme un rien, grâce à une plume fluide sur laquelle notre regard coule à une vitesse déconcertante. 
On suit le quotidien de nos deux héros avec plaisir, les voyant évoluer au contact l'un de l'autre, par des conseils donné d'un siècle à l'autre prouvant ainsi qu'un lien peut se créer sans visage. 
Bien évidemment on attend avec crainte et impatience l'arrivée de la Première Guerre Mondiale. Et la fin qui en découle n'en est que plus émouvante, de quoi verser une petite larme, de joie ou de peine je vous laisse le découvrir par vous-même.

dimanche 1 octobre 2017

Barry Seal : American Traffic (2017) - Doug Liman



Barry est pilote dans une grande compagnie aérienne. Lorsque la CIA le surprend à faire du trafic illégal et constate ses qualités professionnelles, elle lui propose de devenir informateur pour les services secrets. Mais lorsque sa demande d'augmentation est refusée, c'est une toute autre opportunité qui s'offre à lui auprès du cartel pour faire passer de la drogue aux USA.

Un chouette film bien rythmé et divertissant qui traite d'une histoire vraie sans trop se prendre au sérieux. On pensera au Loup de Wall Street dans le même style (adorateurs de Martin Scorsese, merci de ne rien jeter à cause de cette rapide comparaison) avec un homme qui par ses affaires malhonnêtes se retrouve ensevelis sous une montagne de dollars. 
Tom Cruise est toujours égal à lui-même, souriant et charismatique, drôle quand il faut. Ce film ne sort pas du lot, ne renouvelle rien, mais malgré quelques longueur permet de passer un très chouette moment au cœur des années 70/80 avec une mise en scène et une image qui nous donnent l'impression d'y être.