mardi 5 septembre 2017

Cinéma de fin août...

Primaire (2017) - Hélène Angel
Florence est une jeune institutrice qui enseigne en classe de CM2. Son fils vit mal d'être l'élève de sa mère. Un jour, Sacha débarque deux mois avant la fin de l'année et ce précieux équilibre bascule. Le garçon a un an de retard, ses camarades se moquent de son hygiène, il est livré à lui-même. Florence va affronter une réalité compliquée qui la confronte à de nombreuses questions. Où démarre et où prend fin son rôle d'institutrice? Que peut-elle faire à son niveau pour venir en aide à Sacha?
Un très beau film sur une situation qui n'est pas si rare, bien malheureusement. Des familles décousues, dans des situations difficiles, qui prennent des décisions impactant sur l'existence d'enfants ou de parents... Ce film ne juge pas mais il montre et fait réfléchir et c'est déjà un grand pas qui peut amener à prendre conscience et se montrer plus tolérant face à l'inconnu qui nous échappe. 
Sara Forestier était ma motivation number one pour voir ce film et elle reste fidèle à elle-même, c'est toujours un plaisir de la voir à l'écran dans des rôles forts et clairement engagés comme celui-ci. 



Gabriel et la montagne (2017) - Fellipe Barbosa
Étudiant brésilien accepté dans une prestigieuse université américaine, Gabriel décide de prendre un an pour découvrir le monde. Après avoir vu de nombreux pays, il arrive au Kenya et souhaite parcourir le continent africain.
Ce film, c'est un hommage et une magnifique déclaration qu'offre Fellipe Barbosa à son ami disparu (je ne vous spoile rien on l'apprend au tout début). J'ai eu la chance d'assister à une première enla présence du réalisateur et ce fut un véritable périple que la réalisation de ce film. Un petit air de Into the Wild mais bien moins américain, bien plus authentique. Ce film est d'autant plus fort en émotion quand on sait que bon nombre des personnes que l'on voit dans le film ne sont pas des acteurs mais des personnes qui ont réellement connu le véritable Gabriel. Même s'il est scénarisé, le film se veut le plus proche possible de la réalité ce qui lui donne une saveur toute particulière.
Un moment d'évasion, de rencontre et d'émotion que je vous recommande chaudement!



Seven Sisters (2017) - Tommy Wirkola
En 2073 la Terre est surpeuplée et le Gouvernement décide d'instaurer la politique de l'enfant unique. Terrence Settman décide de protéger ses sept petites filles en dissimulant leur existence au monde et leur faisant partager une seule et unique identité : celle de Karen Settman. 
Belle performance que celle de Noomie Rapace puisqu'elle interprète tour à tour sept rôles différents. L'intrigue est captivante, le concept assez génial et le rendu vraiment top! En revanche, à force de lire des critiques sur les affiches ne cessant de vanter l'incroyable dénouement dont personne ne se serait douté on fini par le trouver pas si inattendu que ça... Bref, un très bon moment de cinéma même si ce film ne m'aura pas pétrifiée sur place.

mardi 29 août 2017

Baby Driver (2017) - Edgar Wright

Armé de ses lunettes de soleil et de son mp3 en permanence, Baby officie comme chauffeur pour plusieurs braquages jusqu'à ce que sa dette soit payée. Un jour, il croise Debora dans un Diner et c'est le coup de foudre. Il souhaite tout plaquer pour revenir à une vie normale mais son boss ne l'entend pas de cette oreille...
Fort d'un casting dingue et d'une bande son du tonnerre, Baby Driver envoie du lourd dès le début en reprenant un contexte et un scénario maintes fois exploités pour les remixer et nous offrir un film cool, rythmé et complètement déjanté. Les films de braquage, on en a vu des tas, mais cette fois, on suit Baby, et ça change tout.

Il est certain qu'on ne pouvait pas mieux choisir qu'Ansel Elgort (Nos étoiles contraires...) pour ce rôle, avec sa baby face et sa passion connue pour la musique. Je viens de jeter un œil, j'ai bel et bien vus tous ses films. Pour l'instant rien à dire, sacré parcours! J'ai trouvé le personnage de Baby très intéressant. Le gars gentil, droit, qui se retrouve seulement piégé dans une situation sordide contre laquelle il ne peut rien faire... ou presque! Les acouphènes dont il souffre servent d'argument pour exploiter toute une thématique sur le son autour de laquelle tourne le film. Les baladeurs mp3, les cassettes audio, le mixage, les dialogues réduits, la surdité du père adoptif, le langage des signes, la mère chanteuse, le coup de foudre qui passe par un chant fredonné et bien sûr toutes ces scènes absolument excellentes rythmées au millimètre près sur le tempo des morceaux choisis.


Il m'a semblé que rien n'était laissé au hasard dans Baby Driver. Chaque évènement, élément présenté, scène pouvant sembler anodine a un but précis, une explication, une utilité. Baby parle peu, parait ne rien écouter mais entend tout. Son cerveau fonctionne à cent à l'heure, il ne prend aucune décision à la légère depuis qu'il a fait une erreur qu'il a amèrement regrettée, une fois.
Et bon sang mais ces scènes de course poursuite sont tout juste ahurissantes! Habituellement, c'est loin d'être ma tasse de thé, mais là je me suis accrochée à mon siège tellement j'étais captivée.

Lily James (Downton Abbey, Cendrillon...) est comme à son habitude, sublime et pétillante. La jolie blonde qu'elle interprète est loin d'être une midinette sans cervelle. Elle est courageuse et touchante et j'ai regretté qu'on ne la voie pas plus à l'écran.

L'équipe des braqueurs vaut son pesant de cacahouètes! Entre le psychopathe accros de la gâchette et le couple de guimauves obsédées par l'argent, effrayants mais presque mignons, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Le big boss saura aussi nous surprendre tout comme l'ensemble du film qui prendra à plusieurs reprises un tournant auquel je ne m'attendais pas!

Tout ça pour dire que Baby Driver est une petite bombe aussi divertissante qu'intelligente qui m'aura fait passer un moment exquis, excitant et même attendrissant (ouais, on a quelques scènes qui donne envie de prendre Baby dans nos bras). Un film bourré d'action, de musique et de beaux sentiments qui vous laissera un bon grand sourire sur les lèvres.

lundi 28 août 2017

[ Le ciné-club de Potzina ] Août 2017 // L'oeil dans le rétro-viseur : Certains l'aiment chaud (1959) - Billy Wilder

Introduction
Potzina, dans son super blog, avait instauré une formidable tradition bloguistique, le ciné-club. Tous les mois, elle proposait un thème cinématographique et invitait tous les blogs qui le voulaient à choisir un film correspondant au thème et à le présenter sur son blog. A la fin du mois, Potzina proposait de découvrir l'ensemble de ces posts en publiant les liens sur son blog. [...] Du coup, quand elle a annoncé que par manque de temps, elle ne pouvait plus le prendre en charge, on était plusieurs à se dire qu'on aimait trop ce concept pour le voir dépérir et qu'il était temps maintenant de relayer tous ensemble le formidable travail qu'elle avait commencé. Voici ce que l'on vous propose: poursuivre le Cinéclub de Potzina dans les mêmes principes, sauf qu'au lieu de laisser à Potzina le soin de s'occuper seule de proposer un thème et de regrouper les articles en fin de mois, on s'est dit que ce serait bien que ce soit un blogueur différent chaque mois, sur la base du volontariat.


 En 1929, Joe et Jerry assistent à un meurtre mafieux dans un garage à Chicago. Pour échapper aux brigands et sauver leur vie, ces deux musiciens vont s’enrôler dans un orchestre uniquement réservé aux femmes. C'est sous les noms de Daphné et Joséphine qu'ils partent pour la Floride et rencontrent la fabuleuse Sugar (Alouette en VF) chanteuse et joueuse de ukulélé.

On ne présente plus ce film cultissime, incomparablement drôle et tout simplement parfait. Le trio mené par la sublime Marilyn Monroe et ses deux irrésistibles Tony Curtis et Jack Lemmon nous embarque dans une folle aventure aussi surprenante que touchante. On rit, on s’émeut, on en redemande entre les gags incessants, les chansons envoutantes et cette belle histoire qui nous fait rêver.


Certains l'aiment chaud derrière son côté exclusivement comique n'en offre pas moins un très beau message. A cette époque beaucoup de films servent une histoire d'amour entre une jeune fille innocente quoique terriblement romantique et un homme mystérieux et fortuné de trois fois son âge (bon, je fais certainement une généralité mais il y en a eu quelques uns). Ici tout est un peu fou, et ce fantasme du vieux milliardaire après lequel toutes les femmes courent, s'effrite face au véritable amour sans âge ni fortune. Sans compter le célébrissime "Well... nobody's perfect!" qui en dit long.

Un film à mettre entre toutes les mains, qu'importe l'âge, la condition, les convictions, il ne peut que séduire et restera intemporel comme il le semble déjà aujourd'hui...


The Lizzie Borden Chronicles (2015)


En 1892, Lizzie Borden veut reprendre sa vie là où elle l'avait laissée après que le procès dans lequel elle était accusée d'avoir sauvagement assassiné son père et sa belle-mère ne soit soldé par un acquittement. Elle est prête à tout pour sa famille, comprenez le duo inséparable  qu'elle forme avec sa sœur, Emma.

L'affaire Lizzie Borden est un fait historique qui n'a jamais été élucidé et dont la principale concernée fait désormais partie du folklore américain. Des créateurs ont eu l'ingénieuse idée d'en faire un téléfilm qui a ouvert la voie à une série télévisée tristement interrompue à la fin de la saison 1. Néanmoins, ces 8 épisodes sont assez complets et intéressants pour nous offrir une intrigue rythmée qui tient la route et nous laisse satisfait du voyage.

C'est clairement trash, déconnant, à regarder avec le même second degré qu'un film de Tarantino ou un épisode de American Horror Story (en moins violent tout de même...). C'est toujours un plaisir de retrouver Christina Ricci qui sait choisir des projets offrant un panel de costumes à vous ravir les mirettes! Je l'ai trouvé extraordinaire dans ce rôle de meurtrière au sourire de glace et au charme dévastateur. Dès lors que quelqu'un se met en travers du chemin de ce petit bout de femme, elle le tue froidement et sans la moindre hésitation, avec ce petit sourire à la Mercredi Addams qui lui restera éternellement. Ce qui est nécessaire au projet qu'elle a monté pour son avenir et celui de sa sœur, alors c'est un mal nécessaire, point.
D'autres personnages interviendront, certains détestables, d'autres intéressants et parfois même attachants. Une seule question subsiste : lesquels survivront à Lizzie Borden ?

Mention spéciale à la bande son complètement décalée avec le contexte historique mais qui donne un rythme effréné et une ambiance toute particulière à cette histoire aussi surprenante qu'inquiétante. Car tout est travaillé avec soin dans The Lizzie Borden Chronicles, et cela passe par le choix des acteurs, le scénario, mais aussi l’esthétique du film avec ses belles images, ses costumes à couper le souffle et sa musique richement fournie.

Finalement, une saison, c'est suffisant. Je garderais le souvenir plaisant d'une série aboutie qui m'aura fait passer un excellent moment et non des années de répétition avant qu'elle ne s'essouffle et soit interrompue nous laissant sans fin satisfaisante...

Alors, vous êtes convaincus?
Et pour ceux qui l'ont déjà vue, qu'en avez-vous pensé et quels sont vos récentes découvertes?
 

dimanche 27 août 2017

Pire soirée (2017) - Lucia Aniello


Un strip-teaser trouve la mort par accident durant un enterrement de vie de jeune fille organisé par cinq meilleures amies à Miami.

Dès le début, on sait que ce ne sera pas un film d'auteur mais du pur divertissement. La messe est dite. Alors oui, ce n'est pas à mourir de rire non plus, les gags ne sont pas fous et même un peu lourdingues parfois mais j'ai ri, souvent. De plus, je trouve assez positif de faire un film de ce genre sans qu'il ne soit qualifié de "film pour nanas". Ce n'est pas un mal en soi, hein. Mais ça me hérisse que les comédies grasses de Seth Rogen (désolée, encore lui!) soient pour tout le monde et que, dès qu'un film comique met en scène des femmes, il leur soit réservé. NON. 
D'ailleurs, c'est mon chéri qui m'a proposé de voir Pire soirée, me voilà rassurée.
Pour la faire courte, ce film m'a permis de passer un moment sympa. Je trouve qu'il tient la route, ne ment pas et rempli le contrat. Le film complètement déconnant qui enchaine les situations loufoques et improbables, c'est bon pour une soirée sans prise de tête en pleines vacances.
Juste pour ajouter mon petit grain de sel personnel, en 1998 était sorti un film dont l'intrigue démarrait sur les mêmes bases. Un enterrement de vie de célibataire, la mort accidentelle d'une prostituée, la galère en somme. En tête d'affiche, Christian Slater et Cameron Diaz. C'est trash et parfois sordide mais ça vaut le détour, d'autant plus que le dénouement n'est en rien semblable avec celui de Pire Soirée. Je vous laisse ça là au cas où...


samedi 26 août 2017

Your Name. (2016) - Makoto Shinkai


Mitsuha, dix-sept ans est lycéenne dans le petit village d'Itomori. Elle vit avec sa grand-mère et sa petite sœur, alternant les cours et les cérémonies traditionnelles pour faire vivre le temple de la famille.
Taki est lycéen à Tokyo. Doué en dessin, il travail en tant que serveur dans un restaurant italien et n'a jamais osé déclarer son amour à une collègue plus âgée que lui.
Alors qu'une comète passe au dessus du ciel d'Itomori, Mitsusha et Taki vont se retrouver dans le corps l'un de l'autre plusieurs jours par semaine, échanger des messages afin de se soutenir dans ce quotidien inconnu et ainsi apprendre à se connaître.

Fort d'une narration complexe mais fascinante, Your Name est un film d'animation aussi grandiose que poétique, doté d'une image à couper le souffle et d'une bande son sublime. Les émotions affleurent à chaque plan, nous emportant dans un tourbillon de couleurs mêlant le quotidien cocasse de nos héros dans un corps qui ne leur appartient pas à une intrigue travaillée, surprenante et tout bonnement stupéfiante.

Bref. Un incontournable pour tous les amoureux du cinéma d'animation japonais et même du cinéma tout court car il faut bien découvrir de nouvelles choses de temps en temps, surtout lorsqu'elles sont aussi belle que celle-ci. 

Les deux précédents films de ce réalisateur que j'avais vu ne m'avaient pas tant marquée et cette dernière réalisation ne laisse présager que du bon pour la suite de sa carrière. L'animation traditionnelle a encore de beaux jours devant elle !



vendredi 25 août 2017

120 battements par minute (2017) - Robin Campillo


Au début des années 1990, cela fait dix ans que le sida se propage et tue. Les militants d'Act Up Paris luttent contre l'indifférence dans laquelle sont laissées les personnes touchées. Chacun peut prendre par au mouvement, séropositif ou non. Parmi les nouvelles recrues se trouve  Nathan. Il va rencontrer les activistes d'Act Up et surtout être bouleversé par l'un d'eux : Sean.

Une fois n'est pas coutume, il m'est difficile de trouver les mots justes pour rendre justice au torrent d'émotion qui découle de ce film. J'ai l'impression que l'on m'a arraché le cœur à la petite cuillère durant ces heures où se sont tour à tour mêlés détresse, amour, espoir et vie. Il m'a littéralement terrassée.
J'ai été émue par ce groupe de militants, luttant pour se faire entendre, pour dénoncer ce silence, ce refus d'accepter l'évidence, cette opposition à la prévention mise en place, cette perpétuelle discrimination envers ceux qui sont perçus comme responsables de leur maladie.
Et quand on pense que malgré tout cela, les mentalités n'ont pas évolué pour tout le monde. La désinformation demeure malgré les efforts fournis et les progrès accomplis durant toutes ces années.

Au cœur de ce combat, on suit Nathan et Sean. Qui se cherchent et se trouvent, qui ont besoin l'un de l'autre à se moment précis de leur vie. Je les ai trouvé beaux et troublants. C'était tellement évident qu'un film militant s'intéresse à l'intimité de ses personnages. Quand on se bat pour une cause, pour ses convictions, c'est forcément en lien avec ce qui nous touche, ce que l'on est, ce en quoi l'on croit.

J'ai lu que les 120 battements par minutes pouvaient faire référence au rythme cardiaque ou à un tempo de musique. Celle-ci est omniprésente dans le film. Elle s'inscrit de manière indélébile à la fin de chaque passage, de chaque étape franchie par Act Up et ses membres que l'on apprend à connaître et auxquels on s'attache terriblement.

Je n'ai pas le sentiment d'avoir vu un film au cinéma.
J'ai l'impression d'avoir vécu un moment incroyable.
J'en suis encore bouleversée.